Les conducteurs de taxi-moto: coup d’œil sur un métier en plein essor au Togo

31 Août

Ils sont des milliers de togolais qui embrassent la carrière de taxi-moto, communément  appelé  » Zémidjan »
Dans les plus grandes villes du pays et même dans les endroits les plus reculés, les Zémidjan remorquent hommes, femmes ainsi que des marchandises d’une localité à une autre moyennant de l’argent.
Importé du Bénin voisin dans les années 90, le corps de métier des  conducteurs de taxi-motos ne cesse de croître en effectif. A la faveur du chaumage grandissant et du manque d’emploi bien rémunérés, beaucoup de jeunes diplômés d’universités et autres écoles de commerce  se voient contraints d’exercer ce métier pour pouvoir subvenir à leurs besoins quotidiens.

D’autres exercent ce métier par occasion.

Puisqu’au Togo, à priori rien ne différencie le conducteur de taxi-moto du citoyen lambda sur sa moto, il est parfois observé que certains font le métier de Zémidjan par occasion.
« …la vie devient de plus en plus chère…Des fois quand je rentre du service, certains passants me demandent de les remorquer moyennant quelques sous. Et c’est comme cela que c’est rentré dans mes habitudes. Chaque soir après le boulot je bosse un peu un peu ; histoire de trouver au moins quoi payer le carburant… » ; Confie Ankou, un employé au Port Autonome de Lomé. Ce qui fait qu’au Togo chaque individu possédant une moto est un conducteur potentiel de taxi-moto et il est courant de se tromper en voulant prendre un  taxi-moto.

Les zémidjan acteurs de la vie économique et socio-politique

Les zémidjan relient les fermes les plus éloignée aux grandes agglomérations. Ils favorisent le transport des produits agricoles, les marchandises  et des commerçants  des villages vers les marchés. De nos jours les togolais ont adopté le zémidjan. Avec l’état  de dégradation des routes togolaises et par rapport aux difficultés que rencontrent les voitures de transport sur ces routes, recourir aux zémidjan devient la seule alternative pour arriver à transporter ses marchandises sur les marchés.

Le zémidjan devient un métier de plus en plus prisé par les jeunes togolais, employés ou non.

Ainsi le métier rapporterait pour un conducteur des revenus non moins négligeables. Si l’on considère un Zémidjan qui enregistre une recette brute de 5000FCFA par jour, il lui reviendra 3000FCFA, après déduction des frais de carburant. Sur la base d’un mois de travail de 26 jours, un conducteur de taxi-moto gagnerait donc près de 7800FCFA. Dans un pays ou le SMIG (Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti) est à 35000FCFA, le zémidjan peut se considérer comme heureux.

«Très facile de remporter les élections en Afrique, si vous avez les zémidjan  vos côtés… » Remarque Bodjona, un jeune togolais. L’exemple le plus palpable s’est illustré  par le grand rôle que les Zémidjan on joué  dans la réélection du président Yayi Bony lors des dernières élections présidentielle au Bénin. Souvent utilisés comme force humaine dans les campagnes électorales  les zémidjan colportent ; si on peu le dire ainsi, les informations et les projets de campagne de leurs candidats préférés dans les recoins les plus reculés qui sont difficilement accessibles aux média.
Les zémidjan sont aussi utilisés dans les services de renseignements. On ne saurait dire si c’est de vrai zémidjan ou des policiers déguisés en conducteurs de taxi-moto qui opèrent dans ce cas. Par rapport au fait que ces conducteurs de taxi-moto sillonnent à longueur de journée les artères des villes, ils recueillent ou essaient de soutirer des informations sur un fait passé ou à venir. D’habitude c’est le zémidjan qui, lorsqu’il transporte un client, commence la discussion sur le sujet sur lequel il cherche des informations.
C’est aussi eux qui sont les grands lecteurs de presses. Il suffit de faire un tour chaque matin dans les différents points de vente de presses pour voir des zémidjan  attroupés autour de ces points de vente ; et c’est des débats bouleux qui débouchent parfois sur des engueulades.
Souvent réputés pour leur capacité à orchestrer des actes de vandalisme au cours des manifestations populaires et des grèves, les manifestations des conducteurs de taxi-moto sont les plus craintes par les autorités policières du pays.

Les zémidjan souvent mis en cause dans les accidents de circulation

Tous les jours, on déplore sur les routes de la capitale togolaise et des autres localités du pays, de nombreux accidents de circulation. Les conducteurs de taxi-moto sont impliqués dans la plupart de ces accidents de la route. Selon les statistiques recueillies au Centre Hospitalier Universitaire de Tokoin, au cours de l’année 2011, 70 % des accidents de la circulation impliquent les Zémidjan. Cette situation résulte de nombreux facteurs.

Plus de 90 % des conducteurs de motos n’ont pas le permis de conduire au Togo. Ils ignorent aussi les principes élémentaires du code de la route. L’essentiel est de savoir faire rouler une moto pour circuler librement, la connaissance du code de la route n’est pas une nécessité pour beaucoup d’entre eux. « Ce n’est pas de gaité de cœur que nous faisons ce métier. Qu’on ne vienne pas nous dire de passer l’examen du permis », s’indigne Agbé un conducteur de taxi-moto.

L’exode rural est aussi pour beaucoup dans les accidents de la route dans lesquels sont impliqués les zémidjan. La vie au village est aujourd’hui précaire. La baisse du pouvoir d’achat des paysans togolais a atteint des proportions exponentielles. La terre semble ingrate pour celui qui la cultive et n’arrive plus à vivre des fruits de son travail. Certains paysans ont donc décidé d’émigrer vers les villes et surtout dans la capitale. Il leur suffit d’implorer un parent citadin qui retourne au village pour qu’il accepte de les héberger pour un temps dans sa résidence en ville. Le parent quand il a les moyens achète une moto qu’il confie au nouveau venu ou lui facilite l’accès à un engin d’un tiers et voilà notre néo-citadin devenu en l’espace d’une semaine, un « zémidjan ». Ignorant tout du code de la route, ces zémidjan font des manœuvres dangereuses sur les artères des villes et causent souvent les accidents de la route.

La majorité des conducteurs de taxi-moto, compte tenu de la pénibilité du travail, sont abonnés à l’alcool et aux substances dopantes. Un tour les matins de bonne heure dans les échoppes de vente de Sodabi ; la boisson alcoolisée locale, montre la réalité de la situation. Ce sont les conducteurs de taxi-motos qui constituent la majorité des clients qui s’attroupent au comptoir des vendeurs de sodabi. « Chaque matin, je dois boire mon huitième de litre de sodabi pour bien travailler. Cela m’évite la fatigue. J’apprécie beaucoup le sodabi au gingembre parce qu’il guérit les plaies internes au corps. Mes camarades dans le métier sont aussi abonnés de sodabi à cause des conditions de notre travail. Et puis il y a certains jeunes qui poussent plus loin en fumant la marijuana ou le cannabis. Ce sont eux qui sont dangereux. Ce sont eux qui filent à vive allure sur les routes », témoigne Azé, un conducteur de taxi-moto d’une quarantaine d’années.

Ce sont aussi ces zémidjan qui provoquent des incidents sur la route. Ils sont pour la plupart du temps les premiers à proférer des injures au moindre accrochage ou incident avec un autre conducteur ou piéton. Il faut dire que la plupart de ces zémidjan sont des aigris qui trouvent toutes les occasions propices pour déverser leur trop-plein de colère. Et leur préoccupation est de faire le plus vite possible des recettes. La prudence n’est pas leur tasse de thé.

Le Zémidjan un métier à risques

Toujours  mal soignés à cause de leur niveau de vie très faible, les zémidjan souffrent de certaines maladies comme l’hernie, les faiblesses sexuelles et parfois le rhume et les conjonctivites aigüe. C’est encore eux qui sont les grands consommateurs des médicaments de rue.
« …je souffre de l’hémorroïde depuis environ deux ans et j’avoue que cela me fait beaucoup des dépenses…Je ne peu pas aussi abandonner le métier de zémidjan. Parfois ma santé ne me permet pas de travailler mais je dois le faire pour pouvoir gérer les besoins de ma femme, de mes deux enfants et de mon demi-frère donc je m’occupe après le décès de notre papa…Je fais le Zémidjan depuis 2008 et c’est seulement dans mes deux premières années que j’ai vraiment joui des fruits du métier… » Révèle Koami un conducteur de taxi-moto à Lomé.
Les zémidjan sont souvent victimes des braquages et de voles à mains armées. Parfois ils perdent leur vie. Ces derniers temps ces braquages jadis à répétition ont diminué dans le pays et ce grâce aux nouvelles mesures de sécurités prises par les autorités en charge de sécurité sur dans les villes du pays.

Les zémidjan, un  secteur d’activité à restructurer

Vu que le métier de conducteur de taxi-moto emploie un nombre important de jeunes togolais, et joue un rôle non moins important dans la vie socio-politique et économique du pays, les gouvernants togolais sont invités à prendre des dispositions pour restructurer ou  réglementer le métier afin d’avoir un meilleur développement. Cela peut se réaliser à travers le port d’une uniforme; ce qui identifie un zémidjan des autres citoyens, des séries de formations et des sensibilisations sur le rôle citoyen des conducteurs de taxi-moto dans le développement socio-économique.

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3 Réponses to “Les conducteurs de taxi-moto: coup d’œil sur un métier en plein essor au Togo”

  1. citygoldwing novembre 26, 2012 à 2:25 #

    ravi de voir cette activité se développé dans le monde

    Cordialement
    http://www.citygold.fr

    • Edem Achille décembre 11, 2012 à 5:52 #

      Ah oui. Et cela est, chez nous, essentiellement dû au chômage.
      Je vois que vous traitez du sujet sur votre site internet. C’est très bien structuré le secteur chez vous la ba….

  2. Ca vient aussi chez nous….
    LES ZEMIDJANs de Cotonou ou de Lome bientôt repertoriés dans un annuaire professionnel gratuit facile d’acces depuis votre mobile http://www.ZEMIDJAN.TEL !!!
    A priori ce sera facile pour réserver les meilleurs ZEMIDJANS tout confort, et avec les motos puissantes et confortable , voire en distinguant les 4 temps des deux temps plus polluants…
    Visiter http://ZEMIDJAN.TEL

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